Jean Charest refuse même d’envisager un gouvernement minoritaire

Jean Charest refuse de dire comment il s’y prendra pour gouverner en temps de crise, si la population lui confie un autre mandat minoritaire le 8 décembre.

Mercredi, le premier ministre avait justifié le déclenchement d’élections générales, après seulement 20 mois d’exercice du pouvoir, par le fait que ce ne serait pas possible de gouverner, en pleine crise économique, avec «trois paires de mains sur le gouvernail».

Sauf que, si d’aventure les électeurs choisissent de lui confier un deuxième règne de cohabitation avec Mario Dumont et Pauline Marois, il devra bien composer avec cette réalité. Mais il ne veut même pas envisager ce scénario.

«Je fais confiance aux Québécois», a-t-il dit, jeudi, en conférence de presse, lorsqu’il a été interrogé à quelques reprises sur le sujet.

Il a répété qu’il avait besoin de stabilité politique en période de turbulence économique.

M. Charest présentait jeudi son plan d’action en matière économique, une des pièces maîtresses de sa plateforme électorale.

Il s’agit d’une brochure d’une quinzaine de pages, dont le détail et l’impact budgétaire ne seront connus que plus tard.

La stratégie libérale vise d’abord à aider les entreprises à traverser la crise à venir sans trop d’égratignures.

En mettant 2 milliards $ à la disposition des entreprises, un gouvernement libéral annoncerait un changement de cap.

Traditionnellement, les libéraux sont moins enclins à prêcher l’interventionnisme de l’Etat dans l’économie.

Mais s’il est reporté au pouvoir le 8 décembre, Jean Charest s’engage à confier clairement à la Société générale de financement (SGF) le mandat d’agir comme levier pour stimuler l’économie, en cette période où les conditions de crédit sont resserrées.

Ainsi, dans un premier temps, d’ici 2010, la SGF disposerait de 1 milliard $ pour prendre des participations dans les petites et moyennes entreprises (PME) plus directement frappées par la crise financière.

Cette crise «nuit aux entreprises qui sont en recherche de capitaux et on va répondre à ce besoin», a-t-il promis devant un parterre de gens d’affaires, jeudi matin.

On vise à éviter de pénaliser des entreprises qui étaient sur le point de procéder à une émission d’actions pour effectuer un investissement, par exemple. Mais quand le marché aura repris son activité normale, Québec retirerait ses billes.

Dans tous les cas, la participation de la SGF serait minoritaire. Pas question, donc, de prise de contrôle ou de nationalisation.

Un autre milliard de dollars sera rendu disponible aux entreprises ayant besoin de prêts et de garanties de prêts, une mesure déjà annoncée par la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget.

Québec voudra ainsi s’assurer que, malgré le ralentissement économique, les employeurs auront accès à du capital et à des liquidités.

Si la population lui confie un troisième mandat, Jean Charest s’engage par ailleurs à hausser le salaire minimum d’un dollar, d’ici 2010, pour le porter à 9,50 $.

Le plan d’action inclut aussi d’autres mesures, comme l’accélération de la mise à niveau des infrastructures et du développement hydro-électrique, un soutien financier accru à la formation de la main-d’oeuvre et un programme d’aide à la rénovation domiciliaire.

M. Charest a rendu public son plan d’action lors d’un déjeuner-conférence devant la Chambre de commerce de Québec, puis devant la Chambre de commerce de Montréal, avant de se rendre à son assemblée d’investiture à Sherbrooke.

«Nous allons ensemble passer à travers cette période de turbulence économique pour en sortir plus forts», a-t-il dit aux gens d’affaires.

A Québec, l’accueil a été poli, sans plus, mais à Montréal le chef libéral a eu droit à une ovation de la part d’un public visiblement heureux de ce qu’il entendait.

Il faudra cependant être patient avant de connaître la nature exacte de ses projets et de pouvoir évaluer l’impact réel de son plan.

Par exemple, le document ne dit pas à qui s’adresserait le programme d’aide à la rénovation résidentielle et quelle forme il prendrait.

Même constat pour le développement hydro-électrique. On n’indique nulle part d’objectifs chiffrés, en termes de puissance additionnelle ou de kilowatts à exporter.

Le coût de l’ensemble de ces mesures sera aussi révélé plus tard.

Par ailleurs, en conférence de presse, il a dit qu’il ne prévoyait pas augmenter les tarifs, qu’il s’agisse des frais de garde ou autres.

Dans un autre ordre d’idées, s’il est reporté au pouvoir, M. Charest a indiqué que les travaux de la Chambre pourraient reprendre le 13 janvier, alors qu’ils débutent habituellement à la mi-mars. Il s’est engagé à consulter les partis d’opposition.

Vendredi, le chef libéral fait campagne en Mauricie.

http://www2.canoe.com/infos/quebeccanada/lequebecvote/archives/2008/11/20081106-163547.html

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